Le rappeur parisien MHD est depuis jeudi soir en détention provisoire. Il est mis en cause dans l’enquête sur l’agression mortelle d’un jeune en juillet 2018 au cours d’une bagarre entre bandes à Paris, des faits pour lesquels il “conteste toute implication”.

MHD est en détention provisoire depuis jeudi soir. Après quarante-huit heures de garde à vue, le rappeur parisien de 24 ans, de son vrai nom Mohamed Sylla, a été présenté au juge d’instruction qui l’a mis en examen pour “homicide volontaire”. Il est mis en cause dans l’enquête sur l’agression mortelle d’un jeune en juillet 2018 au cours d’une bagarre entre bandes à Paris.

Le rappeur “conteste toute implication”

Selon son avocate Elise Arfi, “sa présence sur le lieu des faits n’est pas avérée”. Elle a annoncé qu’elle ferait appel de son placement en détention provisoire, au regard notamment de ses “garanties de représentation” et de “l’absence d’antécédent judiciaire”, selon un communiqué transmis dans la soirée.

Connu notamment pour un tube à la gloire du PSG, ce rappeur plébiscité des jeunes avait été placé en garde à vue mardi matin à la demande du magistrat parisien en charge de l’enquête, en même temps que trois autres suspects, eux aussi mis en examen pour la même affaire.

Une affaire de règlement de compte ?

Cet été, un jeune de 23 ans était mort après avoir été passé à tabac et blessé à l’arme blanche dans le Xe arrondissement de Paris, “un règlement de compte entre bandes du Xe et du XIXe arrondissement” qui avait impliqué une quinzaine de personnes, selon une source proche de l’enquête. “Plusieurs jeunes du XIXe étaient descendus sur le Xe pour une opération punitive”, a expliqué cette source. Or ce jour-là, la voiture du rappeur, originaire du XIXe arrondissement, aurait été aperçue sur les lieux. Selon son avocate cette voiture a été utilisée par d’autres, “des individus, identifiés par les enquêteurs comme auteurs de cette agression mortelle”.

Depuis 2009, la préfecture de police de Paris a mis en place une “cellule de suivi du plan bandes” pour faire face à ce phénomène de groupe, qui inquiète depuis plusieurs années les autorités.