Après Le Porteur d’Histoire et Le Cercle des Illusionnistes, l’auteur-metteur en scène aux trois Molières revient pour raconter la triomphale et mythique première de Cyrano de Bergerac.

Edmond, avec ses douze comédiens sur scène, sera « un vrai théâtre de troupe » rappelant les grandes épopées théâtrales du XIXe siècle.

Le texte est publié aux Editions Albin Michel.

Distribution en alternance.

La genèse
Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de coeur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac.

Edmond ou la revanche du théâtre
J’ai, depuis plusieurs années, un rêve un peu fou : raconter au cinéma la triomphale et mythique première de Cyrano de Bergerac, en décembre 1897, à Paris. J’avais consigné par écrit une ébauche de récit, qui gonflait d’années en années.

En février 2013, je raconte mon rêve à Alain Goldman – producteur, entre autres, de La Môme ou 1492, Christophe Colomb. Je lui raconte que cette année 1897 est une jonction. C’est à la fois l’âge d’or du théâtre parisien et son chant du cygne, car c’est à la même époque qu’apparaît le cinéma. Au siècle suivant, les superproductions hollywoodiennes supplanteront inéluctablement les spectacles titanesque de la fin du XIXe siècle. Pensez-donc, pour Cyrano, il n’y avait pas moins de 100 personnes sur scène ! Impensable aujourd’hui.

Voilà ce que je veux raconter : le triomphe de cette pièce, le plus grand triomphe théâtral français, le dernier, aussi, en quelque sorte. Un triomphe que personne ne voyait venir. Je développe pendant deux ans le scénario de cette grande fresque historique et parisienne. Mon Edmond devient un personnage, il rencontre Coquelin, Volny, Sarah Bernhardt et bien d’autres… et soudain, tout devient clair : Edmond doit d’abord être créé là où Cyrano a été créé, il y a près de 120 ans : dans une salle de théâtre.

J’en parle à Sebastien Azzopardi, autre fouleur de scène et chef de troupe. Il m’ouvre les portes du théâtre du Palais-Royal de Francis Nani. Je leur annonce 12 acteurs, ils ne cillent pas. Benjamin Bellecour, producteur du Porteur et du Cercle, est de la partie, lui aussi.

Un vrai théâtre de troupe, à l’ancienne. Une entreprise périlleuse, une folie financière. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

On a beaucoup parlé de Cyrano. Cette fois-ci, le héros, c’est Rostand. Ou, pour les intimes, Edmond.